- 05/07/2009 09:00
- CASSEL - RV sur la Place de Cassel
- Durée : 3 H 00
Géographie, Géologie
Avec ses 176 mètres d'altitude, le Mont Cassel est une butte-témoin, relique de l'ère tertiaire. Cassel domine largement la plaine des Flandres maritimes françaises et belges, mais n'est pas le point culminant régional, qui est le Mont de Baives (239 m).
Sur les cartes routières actuelles, on distingue l'importance des anciennes voies romaines qui rayonnent en lignes droites autour de Cassel, dessinant encore les frontières des communes avoisinantes (vers Dunkerque, vers Watten, vers Aire-sur-la-Lys). Il y avait en réalité plus de voies romaines qu'on ne peut en deviner car, à l'époque romaine, Cassel constituait un des deux grands noeuds routier du nord de la Gaule. Depuis le parc au sommet du mont, ces voies se distinguent facilement à l'oeil nu.
Histoire
Avant l'arrivée des romains, la ville était une des oppida célèbres qui servait de cité principale au peuple des Morins : elle était alors appelée Castellum morinorum qui deviendra par la suite Castellum menapiorum sous la Ménapie romaine quand la ville sera donnée aux Ménapiens par Carinas qui a d'ailleurs reçu un « triomphe » à Rome pour sa victoire.
Le Mont Cassel devient donc grâce aux Romains un centre urbain important pour les Ménapiens. Son nom latin était "Castellum menapiorum" (du latin castellum : château et menapiorum : des ménapiens). Le nom Cassel dérive de castellum selon les règles de phonétique germaniques.
Par la suite, le secteur de Cassel sera le théâtre de nombreuses batailles :
- «Jolie ville démantelée, & châtellenie de France, dans la Flandre, généralité de Lille. Elle eft remarquable par les trois batailles qui fe font données près de fes murs, contre Philippe I, roi de France , qui y fut défait par Robert le Frifon , comte de Flandres en 1071 ; contre Philippe-le-Bel, qui remporta une victoire complette fur les fujets du comte de Flandres révoltés, & faccagea la ville en 1318 & contre Philippe, duc d'Orléans , qui, en 1677 y défit le prince d'Orange, & prit la ville. Elle fut cédée à la France en 1678 , par le traité de Nimègue.
Elle eft fur une montagne, où fe trouve la terraffe d'un ancien château. On y jouit d'une des plus belles vues de l'univers. De cette terraffe, on découvre trente-deux villes , un grand efpace de mer, & les côtes d'Angleterre, à 6 li. de la mer, 4 n. e. de Saint-Omer , 7 f. e. de Gravelines, 6 f. e. de Dunkerque, & long. 20 d. 9' 9" ; lat. 50 d. 47' 54". Cette ville eft bâtie en longueur, ayant la place ou grand marché au milieu , ornée d'une belle fontaine. Il y a deux collégiales , qui font auffi paroiffes , un hôpital , un collège , &c. (М.D.M.) »
A cette époque Cassel domine encore un paysage de bocage dense d'où n'émergent que quelques bosquets et au loin la Forêt de Nieppe et la Forêt de Clairmarais. De nombreux vergers, champs (blé, orge, avoine, lin, colza, betterave, tabac , houblon, pomme de terre..) et pâturages (vache flamande) y sont protégés des intempéries et de l'ardeur du soleil en été (La Flandre est une région dépourvue de nappes phréatiques).
- En 1851, le naturaliste J. Macquart, en 1851 décrivait[2] comme suit le panorama visible de Cassel, embrassant toute la Flandre française ; « de Dunkerque à Lille »;
- « Cette heureuse contrée où les terres arables luttent de fertilité avec les nombreux pâturages, est semblable à une vaste forêt mêlée de petites clairières, et cependant, à l'exception de la forêt de Nieppe, du bois de Clairmarais et de quelques bosquets, toutes les plantations qui semblent couvrir la terre sont celles des vergers, dont l'intérieur est planté d'arbres fruitiers, et le bord, généralement orné d'un ou deux cordons d'ormes. Dans les haies d'Aubépine ou de Pruneliers s'élèvent des Chênes, des Peupliers, des Frênes. Le bord des chemins est planté de Peupliers de Hollande (Bois-blancs), dont les racines traçantes raffermissent le sol et en absorbent l'humidité, tandis qu'un large fossé préserve de cet effet les champs riverains. »